| MODULE 1 L’ÉPIDÉMIE DE LA C’EST DIFFICILE La bactérie, historique et définition Est difficilis (C’est difficile en français moderne) est une bactérie du genre Labor Difficilis. Il s’agit de bacilles à spores très négatives, anaérobiques et invisibles. Est difficilis est le principal agent étiologique de la procrastination, de la médiocrité et de l’échec. Est difficilis a été décrit pour la première fois en 2005 par Pierre Fraser et Mélissa Robitaille, qui lui attribuèrent ce nom de difficilis en raison des grandes difficultés qu’ils éprouvèrent à l’isoler, et de sa croissance très lente en milieu positif où les gens cherchent à réussir. La difficilite, l’infection causée par la Est difficilis, est attribué aux environnements familiaux ou professionnels propices au découragement, aux mesures sociales éteignoirs, aux conditions de travail aberrantes, aux syndicats, aux patrons idiots, aux collègues moroses, aux amis rasoirs, etc. Bactériologie On retrouve des spores de Est difficilis dans les maisons, les écoles, les milieux de travail, les hôpitaux, les transports en commun, les bureaux gouvernementaux, les officines syndicales, les grandes foires écologistes, les entreprises privées, etc. En somme, on peut en trouver partout. La forme active de la bactérie ne se retrouve qu’au niveau du comportement général d’un individu ou d’une société en général. Elle teinte de noir toute la vision du monde qu’une personne peut avoir, et lui faire croire que tout est difficile. Gram, ce sont des bacilles allongés de couleur noire avec une extrémité légèrement renflée contenant une forte dose de découragement. Le germe lui même est Gram négatif (de couleur rose), ainsi que ses spores. Sa culture est optimale dans un milieu où l’on rabaisse systématiquement les gens et où la médiocrité est érigée en système. Lorsque les conditions deviennent difficiles, la bactérie produit alors des spores pouvant survivre partout. La Est difficilis est un germe commensal de la flore psychologique (c’est-à-dire, qu’elle y est retrouvée de manière courante, sans que cela soit pour autant anormal). Elle est résistante à la plupart des antibiotiques à dosage de positivité, et en cas de perturbation de la flore psychologique par l’administration de ces derniers, elle peut alors se développer de façon importante, car elle cherche à dévorer toute forme de succès. Une nouvelle souche, appelée ÉCONOMIE-SOCIALE, est apparue depuis 1998, causant des infections plus sévères (probablement en raison d’une production plus importante de toxines d’évitement de richesse) et plus récidivantes. Physiopathologie Est difficilis se développe dans une flore psychologique affaiblie par l’antibiothérapie et sécrète deux toxines, A et B. La première, une entérotoxine, provoque l’altération de la perception du monde ; la seconde, une cytotoxine, s’attaque directement aux cellules du cerveau servant à contrôler le dépassement de soi et la recherche de l’excellence. L’effet combiné des deux toxines est la diminution du temps de transit entre la perception réelle du monde et de sa mise en oeuvre, ce qui entraîne une médiocrité intégrale. Mécanismes de transmission La transmission de la Est difficilis se fait à la fois de manière orale, culturelle et professionnelle. L’antibiothérapie, l’âge du patient, le travail du patient et l’immunodépression sont tous des facteurs précipitants de l’infection. Une fois la bactérie ingérée, elle passe sans encombre dans la structure psychologique, | résistant à l’acidité du goût du dépassement, et se transforme en bactérie active, se multipliant dans le côlon de la médiocrité. Importance en pathologie humaine La Est difficilis est le principal agent responsable de toutes les aberrations dont nous faisons les frais dans notre société, et de la médiocrité érigée en système. De plus, elle est extrêmement redoutable en raison de son potentiel de contagion très élevé. Bien qu’environ 5 % de la population soit porteurs asymptomatiques (c’est-à-dire ne se plaignant de rien et réussissant dans la vie) de la bactérie, ses manifestations sont étroitement reliées à un séjour en milieu où sévissent la procrastination, le laisser-aller, la recherche du petit confort et de la sécurité. L’usage judicieux d’antibiotiques de dépassement, et le respect strict des mesures de prévention (dont principalement le positivisme, la détermination et la responsabilisation) demeurent nos principaux moyens de lutte contre la bactérie. Manifestations cliniques La médiocrité (définie généralement comme l’excrétion d’au moins trois selles de négativisme en 24 heures) est de loin la manifestation la plus commune de l’infection. Les selles sont habituellement très abondantes et présentent une odeur caractéristique, aisément reconnue par les gens qui ont le goût du succès et du dépassement. L’infection à la Est difficilis doit être d’autant plus suspectée si le patient a reçu une antibiothérapie à spectre large de négativisme. La colite de type J’en fais le moins possible est la forme la plus sévère de la maladie, et est accompagnée d’une médiocrité très importante, de crampes sociales, de fièvre du travail et d’hypersensibilité à l’effort. Cette forme de la maladie peut évoluer vers une méga médiocrité toxique, une urgence sociale pouvant devenir fatale. Méthodes diagnostiques Le diagnostic repose sur l’impression clinique et la détection, par diverses méthodes, de toxines dans les selles de négativisme du patient. De façon tout à fait exceptionnelle, on effectuera une colonoscopie psychologique. Le scanneur de procrastination peut montrer un épaississement des excuses pour tout et pour rien. La recherche de la Est difficilis dans les selles de négativisme peut être faite, mais la méthode est longue et coûteuse et n’est, par conséquent, que peu employée. Autrement dit, si vous demandez au patient de « se grouiller le cul » et que rien ne survient après une semaine, vous serez obligé de procéder à l’investigation. Productivité et C’est difficile Chez les gens infectés par la C’est difficile, le mot productivité est celui qui peut provoquer le plus d’effets négatifs dévastateurs. C’est un mot que ces gens ne veulent surtout pas entendre, car il implique le dépassement de soi, la responsabilisation, la recherche de solutions, la création de richesses, la réussite et le succès. Être productif, c’est se prendre en main et ne pas s’en remettre aux autres pour régler ses problèmes. Être productif, c’est aussi sortir de sa zone de confort et de prendre des risques. Et quand on est infecté par la C’est difficile, le risque est une chose que l’on ne veut surtout pas prendre. Si on pense qu’il y a seulement qu’au Québec que la C’est difficile fait des ravages, dites-vous que, en France, le problème est encore plus criant qu’ici. Il y a de cela quelques années, le journal français financier les Échos rapportait que 75 % des jeunes rêvaient de faire carrière dans la fonction publique, et qu’ils trouvaient suspectes les entreprises privées et leur manie de vouloir à tout prix faire de l’argent. En un mot, l’État c’est bon, le privé c’est mal... Ça ne vous rappelle pas un autre peuple ? |